• La balade dans le vieux Brest (part one)

    La balade dans le vieux Brest (part one)

     

    Le café de l'aviation, en haut de l'escalier neuf, au-dessus de la porte Tourville de l'arsenal

    Qu'est-ce qu'on est parti faire? Déjà pour rédiger l'article sur l'aventure de l'AS Brestoise en coupe Gambardella (1973, soit un demi-siècle!), on se demandait parfois si nos souvenirs étaient fiables, s'il n'y avait pas une part de rêve. Alors, revenir un siècle en arrière dans le vieux Brest disparu... Evidemment, ce ne sont pas des souvenirs (rires). On a fait les bouquinistes rue Jean Jaurès et place Guérin pour se documenter et présenter des dessins où chaque fenêtre est à sa place, jusqu'aux pots de fleur. Notre historien de la Marine, Marcel Québyrrh, a validé chaque vignette et parfois émis des réserves.

    Tout est parti de la visite à l'exposition Jim E. Sevellec aux Capucins cet été. Jim a peint avec gourmandise et couleurs le Brest de l'entre deux guerres. Ces couleurs nous ont inspirés. On s'est dit: "tiens, pour une fois le vieux Brest en couleurs". Ca changeait des cartes postales en noir et blanc. Alors, on s'est dit: "chiche! On va à notre tour faire une balade".

    Comme un clin d'oeil à Jim Sévellec, on a commencé par le Café de l'aviation, que Jim avait peint sous un autre angle. Le bar était situé en haut de l'escalier neuf, qui descendait vers la porte Tourville (il existe toujours, mais descend différemment). C'était chez Auguste Guégan (c'était écrit sur la vitrine). Le bombardement américain du 25 août 1944 va complètement détruire le café qui porta soudain mal son nom. Notre historien Marcel Québyrrh opine du chef et valide nos commentaires. Continuons et descendons l'escalier, en passant devant une blanchisserie.

    La balade dans le vieux Brest (part one)

     

    Le bas de la rue Pasteur, juste avant la porte Tourville de l'arsenal

    Il y a de l'ambiance en bas de la rue Pasteur (encore appelée Grand' rue au début du XXème siècle)! Vous apercevez l'escalier neuf à droite, avec le café de l'aviation tout en haut. L'abri Sadi-Carnot sera construit juste à droite, derrière la dame portant coiffe de Brest au premier plan. La rue Pasteur descendait donc vingt bons mètres plus bas que l'actuelle (qui s'arrête au niveau du bar de l'aviation, paf). Notre historien finit par acquiescer. Pas sûr qu'il ait tout compris.

    On remonte toute la rue Pasteur sans faire de halte dans les bars, comme "le Tourville", ni de détour vers le quartier maudit de Keravel à gauche (l'autre quartier maudit, celui des Sept-Saints,  se trouvait rive gauche avant le château, a été détruit à la fin du XIXème siècle pour faire place à des immeubles plus respectables).

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    La place des portes, ou place Anatole France, au niveau du croisement des actuelles rues de Siam et Algésiras (rue de Siam à gauche, rue Pasteur en descente à droite).

    Nous voici place des Portes (Porte de Landerneau)! Brest est alors ville fortifiée, fermée la nuit jusqu'à la fin du XIXème siècle. On a percé les fortifications pour faciliter le passage du tram, surnommé "le péril jaune" par les brestois qui l'aiment bien (les brestois aiment les surnoms, surtout les ceusses de l'arsenal). Au croisement des rues Pasteur (celle qui descend) et Algésiras à droite, c'est l'Hôtel Moderne, en gros à l'emplacement de l'actuel hôtel Océania. Jim E. Sévellec a aussi peint la place, mais sur son tableau l'hôtel Moderne a un étage en moins. Nous, on a respecté la photo. Notre historien peste contre l'anachronisme grossier: les Celtic Ultras montent en tram vers la Plass Strasbourg. Les historiens n'ont pas d'humour...

    Il veut s'en aller, mais accepte finalement de rester, à condition qu'on aille faire un tour à Recouvrance!

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    Le Pont National côté Recouvrance. De l'autre côté de la Penfeld, la rive gauche.

    "Ouaah, il est valab', not' pont!". C'est le Pont National, ou le Grand Pont. Un pont tournant, construit en 1865, et qui a enfin relié Recouvrance et le quartier des Sept-Saints. Le tram passe dessus, qui va vers la porte du Conquet. Au second plan, la grande grue. On aperçoit aussi la tour de l'horloge derrière les bâtiments de la Majorité Générale, et la Porte Tourville. Au fond, on aperçoit l'église Saint-Louis. Notre historien fait la remarque: "Y a deux bonnes femmes qui ont ouvert leur parapluie. Or, il ne pleut pas". "Oui mais, à Brest, s'il ne pleut pas, c'est qu'il va pleuvoir", qu'on lui répond. Il n'est pas convaincu. Il montre du doigt le canon de la Consulaire sur le quai et lâche: "Exact". Ouf, c'est validé! 

    Débarquons à Recouvrance!

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    Les escaliers de la Fontaine à Recouvrance. En bas des escaliers passe la rue de la Fontaine. En haut des escaliers au fond, c'est la rue Neuve qui mène vers la gauche porte Jean Bart

    Quand on a terminé la traversée du Pont, on voit la Tour Tanguy juste à gauche, presque collée au pont, coiffée de ce que l'on appelle un chapeau chinois. On laisse la Tour derrière nous, et on n'ose pas descendre par "les escaliers des clairvoyants" (ce nom!) juste à gauche, qui semble être un véritable coupe-gorge.  Le second escalier, toujours sur la gauche quand on va vers la rue de la Porte, c'est "l'escalier de la fontaine". Le point de vue est connu et on le retrouve dans la plupart des bouquins sur le Vieux Brest, dont certains récupérés chez les bouquinistes ont dû passer du temps à la cave ou au grenier, à en juger par le parfum rance des vieilles pages. Marcel Québyrrh fait remarquer que le restaurant en bas des escaliers ne servait peut-être pas de soupe à l'oignon, et vérifie les détails: pas une fenêtre, pas une lucarne ne semble manquer. Marcel valide!

    Ce vieux petit quartier a été comblé après guerre...

    La balade dans le vieux Brest (part one)

     

    La rue de la Porte à Recouvrance, vue du bas

    Dernière étape de notre promenade dans le vieux Brest: après la rue du Pont, les lignes du tram font un coude, et nous voici rue de la Porte, avec ses échoppes dans la montée.  En haut de la côte, c'est la Porte du Conquet qui, jusqu'en 1909, était fermée la nuit avec un pont-levis! Avec l'arrivée du tram, la Porte a été démolie.

    Voilà. Notre petit tour est fini. On espère que vous n'en avez pas plein les pattes. On va payer un Byrrh à notre historien.

    On a beaucoup appris avec les anecdotes de Jean Le Goualch, dont les livres sur Brest sont des trésors fourmillant de détails. Jean était un p'tit gars de l'Harteloire, comme nous! (c'est le blog de l'association sportive de l'Harteloire). Alors bientôt une seconde partie de notre promenade dans le vieux Brest: et nous irons rue Latouche-Tréville, où habita Jean. On ira chiper des bonbons à la boulangerie Méar. Et on ira jouer dans les grands escaliers. "Comment? Il n'y avait pas d'escaliers?"

    (à suivre...)

    ladislasboszo.eklablog.com

    Ladislas est accoudé au zinc du café de l'aviation avec Marcel, notre historien.


  • Commentaires

    1
    tit clech
    Dimanche 1er Octobre 2023 à 23:15

    Très bien le sujet sur Sévélec.

    j'avais une gouache à l'expo achetée en 94 montrant Brest détruite de l'atelier de Sévélec ( panorama avec la vielle grue de sept 44). j'ai bcp aimé les gouaches sur le Brest durant la guerre, peu connues , du moins de moi.

    Fait un sujet sur notre prof de Français. Rémi.

    2
    Lundi 2 Octobre 2023 à 11:41

    Salut Rémi! Merci. Oui, c'est l'expo qui m'a entraîné à faire quelques dessins. J'y ai découvert comme toi des peintures que je ne connaissais pas. Le fils était aussi un personnage. Je ne l'ai eu que dans une matière, qui s'appelait "instruction civique", je crois.

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